Papillonnage photographique de pays en pays… Sylvie voit très bien où elle veut aller…. Anne tant bien que mal tente de la suivre. En tous cas elles y vont, 2 ou 3 fois par an, mais veulent en parler plus souvent que ça…
Atteindre un paradis d'eau pour survoler le trou bleu, nager avec les requins, buller avec les tortues...
Du 1 au 4 février 2020
4 jours
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Levées à 3h du matin après un repos comateux de 4h et quelques... dans un bon lit de "princesse au petit pois", nous nous sentons quand même un peu ragaillardies. Anne a l'impression que ça va être ça leur voyage ; cheminer d'aéroport en aéroport, apercevoir l'extérieur, un peu de jour, un peu de nuit, en souhaitant la prochaine douche et un illusoire paradis pour ses pieds. Sylvie fait la queue devant le guichet d'enregistrement en scrutant avec attention tout ce qui se passe ; faudrait pas voir à se faire piquer la place ; nous sommes arrivées les premières quand même. Déjà que quatre gaillards lui sont passés sous le nez d'un pas de débroussailleur de forêt primaire profitant d'un regard qu'elle jetait vers son handicapée qui traînait derrière elle ! Bon. Là, elle l'a renvoyé d'un geste s'assoir sur un siège en vue des guichets. Elle l'appellera au moment voulu. On adapte ! C'est ça l'un des plaisirs de la vie non ?

Survol du Guatemala 

S'adapter ! Toujours s'adapter ! Et aller de l'avant ! Et puis quand on pourra plus, on s'adaptera encore ! Puis négligemment, le regard de Anne se porte sur une carte. Et là elle comprend ; Flores, ce n'est pas le nom de l'aéroport de Belize. C'est le nom d'une ville :-l Celle où elles vont devoir changer d'avion... pour Belize... où il faudra encore récupérer les bagages... se ré-enregistrer pour avoir les billets... Belize ! Belize ! Belle merde oui !!! C'est trop cher en énergie les endroits paradisiaques ! Anne, de dépit, se met sur off façon trainarde. A Sylvie d'assumer ses omissions. Ne pas dire c'est pas mentir ! Qu'elle pense là Sylvie. Anne ne dit plus rien à part "j'm'en fous à toutes ses sollicitations ; Que Sylvie galère un peu qu'on rigole avec son Anglais de brun. En fait on ne galère pas ; on va juste franchement lentement. On arrive bonne dernière partout... et ça passe. On est trois pelés à prendre le vol. Pas possible ! Ce troisième avion a 20 places ! C'est le même gars qui tiens lieu de portier, d'hôtesse et de pilote. Conséquence, Anne volera sans ceinture de sécurité (trop courte ; le factotum volant n'avait pas le temps de vérifier la sécurité manifestement) et nous nous passerons de la boîte de petit-déjeuner gracieusement offerte. Enfin, pas à toutes les places. Et le quatrième vol !!! Il a dix places à tout casser ! L'employé fait bouger une américaine qui se prélasse sur la banquette du fond style "canapé de salon avec ceinture" pour que nous nous y installions ; et paf ! Anne avait déjà repéré qu'elle n'avait rien de sympa celle-là ! Elle jubile.

vue de Flores- Guatemala
vue de Flores- Guatemala
survol du Guatemala
survol du Guatemala
Belize city
Belize city
Quelques paysages vue d'avion 

Dans les passages sous silence de Sylvie on peut aussi parler du ferry qu'il nous faut encore prendre. Car, comme aux Philippines Belize, c'est plein d'iles. On arrive juste trop tard pour celui de 11h. Ce sera celui de midi. On mange un bout dans un truc juste là qui sert des plats indiens façon Amérique Latine, et on va se stocker le plus au frais possible, c'est-à-dire dans la salle d'attente, un peu inquiète pour nos bagages dont un employé zélé c'est emparé dès notre arrivée au terminal (enfin Sylvie ; Anne est toujours en mode "de toute façon je m'en fous"). Les bruits excités d'un match de foot sonorisent la salle d'attente. A intervalles réguliers deux gamins de 3, 4 ans crient en tournant en rond et s'amusent de leur voix qui résonne sur les murs sans émouvoir quiconque, sauf Anne peut-être qui n'a pas l'énergie d'en être agacée. Des ventilateurs tournent au plafond, les portes sont grandes ouvertes. Malgré cela, il fait chaud. C'est la dernière étape. Après 1 train, quatre avions toujours plus petits, nous allons prendre un ferry. Pour où déjà ? Sylvie le sait, Anne s'en fout encore un peu mais commence à flancher ; elle a trop mal aux pieds. La foule qui montent dans le bateau-taxi s'entasse calmement. Allez, bientôt la galère va prendre fin ; on va snorkeler, manger des langoustes grillées, photographier des maisons de bois colorées sur pilotis, ...


Arrivées sur Caye Caulker 
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un bon petit café avant toute activité

12h de sommeil ! Qui dit mieux ? à peine 2 petits réveils-pipi qui offrent le plaisir de constater qu'il fait encore nuit et qu'on peut encore dormir : -). Tout est tout neuf ; on ne voit pas encore les défauts. Nous baignons donc en pleine perfection. Les petits maux de pieds ou autres ne sont que l'aimable manifestation de notre statut de vivant. Une belle séance de snorkeling nous attend. Nous avons même obtenu de la part du tour operator qui porte l'étrange nom de "Tsunami aventure" que l'on vienne nous récupérer au ponton près de notre hôtel. Seule question après coup ; est-ce le ponton de gauche ou celui de droite ? Car il faut bien comprendre que nous sommes au bout du premier morceau de l'île. Si si !, y'a 2 morceaux ; l'île a été coupée en deux par un ouragan dans les années 60. On a deux îles alors me direz-vous ? Bein non ! Rien à voir ! C'est pas parce qu'il y a un pauvre passage d'eau entre les deux morceaux que ce n'est plus une seule île ! Voyez le Mont Saint Michel !... mais non y'a pas eu d'ouragan au Mont Saint... enfin bref ! ; dos à la porte de l'hôtel, 100m à gauche vous avez la première côte et 250m à droite la deuxième côte si ça peut vous éclairer. Ça va bien nous occuper jusqu'au petit-déjeuner pour nos pauvres esprits en vacances : -) en VACANCES ! Enfin !

L'ile de Caye Caulker et le "split" passage d'eau entre les 2 morceaux de l'ile

Il fait beau ! ... ça souffle tu trouves pas ? ... j'ai pas envie de vomir en mer ... Sylvie "tourne un peu son nez" comme on dit chez nous (chez vous aussi peut-être), car c'est Anne qui se projette là où Sylvie vit l'instant. On reporte la balade en mer à demain. Mais pas à après-demain parce qu'après-demain... on repart. Comptons ; Sylvie dit quatre jours. Anne dit deux, car le jour où on arrive et celui où on repart, ça compte pas pense t-elle. Pourtant nous sommes d'accord ; on fait bien un petit bout de quelque chose les jours où on se déplace mais ça n'a pas la même saveur pour l'une et pour l'autre. Et tout tiens dans ce qui a été dit plus haut ; l'une projette et l'autre non.

C'est calme le matin sur la plage du split 

Donc, les cheveux au vent, nous arpentons les ruelles de sable bien tassées pompeusement baptisées avenues, en admirant la variété des bâtisses de bois souvent perchées sur d'émouvantes échasses tordues, en s'arrêtant boire un café, tirer un peu d'argent (la vache ! Ça file vite !), regarder les filles vêtues mode plage en vulgaire, négocier un tour en avion de tourisme (on avait pas encore fait cette taille là) pour aller voir par-dessus ce qu'on ne peut pas voir par-dessous pour cause de vent... en l'air... vent... ça n'échappe pas à Anne que ça va s'agiter là haut et qu'elle risque de désagréablement restituer la pizza que Sylvie est partie acheter... mais voilà ; Anne veut faire plaisir à Sylvie. Sylvie, qui pour faire plaisir à Anne (qui repose ses pieds) est partie à la recherche d'une pizza... un dimanche... Perdus dans les méandres du décalage horaire nos estomacs réclament sans cesse. Et Sylvie revient avec deux monumentaux plats mexicains.

La figure locale 
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Survol du trou bleu 

Un peu plus tard, nous voilà installées dans un petit avion à 6 places, celle du pilote comprise. Anne, tassée tant bien que mal à la place du copilote, a pris son anti-gerbe, contente d'avoir en poche un paquet de bonbons mentholé - son arme secrète pour éviter le pire - et un sac plastique dont elle a testé l'étanchéité, en cas du pire. Sylvie, coincée derrière elle, avec les trois autres passagers mitraille, ce que Anne ne peut pas faire, à cause des barres métalliques qui traversent la vue. Mais elle s'en fout ; ces obstacles visuels la rassure, surtout en se moment même ou l'avion vire sur l'aile droite - de son côté donc - pour tourner autour de ce fameux trou bleu outremer qui semble être sans fond. 2 tours d'un côté, puis virage sur l'aile gauche-là, Anne ventile sévère. Le pilote, attentif, lui ouvre une arrivée d'air salvatrice - 2 tours de l'autre côté.

le trou bleu 



Survol des atolls Turneffe et Lighthouse et le fameux trou bleu


Nous volons sous les nuages. L'horizon se perd dans la lourde atmosphère laiteuse ne faisant qu'une seule masse de la mer et du ciel. Les fonds marins semblent tout proche, alternant une multitude de bleus différents, de bruns, d'ocres, ... les nuages dessinent des formes presque noires sur le relief mouvant de l'eau parsemée d'écume. Des effleurements sableux, rocheux alternent avec des paquets d'algues. La mer est vivante. Sur le retour - ça passe si vite - le ciel se dégage soudainement. Il se sépare de l'eau et nous offre une ligne d'horizon presque aussi net que celle que tracent les enfants sur leur dessin. En sortant de l'avion, nous avons les oreilles qui bourdonnent et notre équilibre est incertain. Notons au passage la victoire de Anne sur son estomac. ça mérite bien une petite glace. une seule boule ; faudrait pas abuser. Un couple de français baroudeurs originaires des Landes, absolument pas démonté par Sylvie qui tient à leur dire qu'elle n'aime pas leur région "mais on retournera là voir ; on a p'tet mal regardé !", nous offre chaleureusement une surprise à aller voir, cachée là, au bout d'un ponton, auquel on accède en passant par là, puis au bel hôtel on tourne à droite "ha y s'appelle comment déjà ? " puis au bout y'a des barques au fond transparent si si ! On vous laisse la surprise. Vous payez 5 dollars local, pas plus ! Allez voir ! Alors nous faisons l'effort. On y va. On cherche l'hôtel. On se perd. On rebrousse chemin et finalement on trouve. WHAAA ! On serait tenté de faire comme eux ; de vous laisser la surprise. Alors vous prenez 1 train, puis quatre avions, puis, ... bon d'accord : au bout du ponton, on est tombé sur quelques personnes hilares d'excitation. Certaines tenant un petit poisson au-dessus de l'eau, et là, des tarpons : -) des poissons quoi. Des bien plus gros - genre entre le saumon et le thon - qui tournent en vrac. Puis soudain, sans qu'on ait pu voir lequel allait réagir, il y en a un qui saute... vous comprenez ? On vous l'avait dit ; Il vaut mieux voir par soi-même. Comme ça, c'est pas pareil.


Le saut des tarpons
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La réserve marine 

Assises à la table du petit-déjeuner, sur la terrasse couverte, les yeux perdus dans le décor, nous attendons ce qu'il y a à attendre dans ces cas-là... c'est couvert de chez couvert non ? Dit l'une scrutant la masse nuageuse face à elle. Non... y'a du bleu-là... répond l'autre dont l'oeil se pose sur la petite zone de ciel dégagé... qui nous connaît sait qui est qui. En mangeant donc ce qu'il y a - une tortilla garnie version salée - nous aspirons déjà à du bon pain, du beurre, de la confiture, du miel, ... Le dos de Anne commence à se rappeler des ressorts du matelas et Sylvie bougonne contre le filet d'eau froide qui nous sert de douche. La perfection est déjà loin. Ça tombe bien ; on bouge d'endroit dès demain. En tout cas, y'a pas le vent d'hier ; nous partons snorkeler sous peu. Comme des desesperados cherchant une rasade de whisky pour se soulager l'âme, nous partons à la recherche d'un bout de baguette, d'un bagel, d'un croissant, .... oui ! Là ! Dans ce café ! On trouve croissants, beurre, confiture et expresso ! C'est bon la félicité. Les choses sérieuses peuvent commencer.


les raies

Installées sur le ponton de l'hôtel nous regardons s'avancer notre bateau. Pile à l'heure ! C'est un rapide. Nous devions être quatre, nous serons sept ; c'est pas bien grave dans le fond. Nos guides sont trois ; Philippe - un costaud avenant -, K - un jeune gringalet aux traits fins et aux cheveux longs -, Mike - un rigolard qui fait le show -. Nous ne comprenons rien à son anglais. Ça agasse Anne "you speak too quikly ! Slow down !". Mais Mike se laisse emporter par son lyrisme. Elle finit par s'aligner sur l'habituel comportement de Sylvie ; s'en foutre et voir venir.

Admirer les tortues 

Fortes de nos expériences passées nous sommes enfin équipées de ce qui convient, tant en vêtements qu'en matériel, ce qui comprend notoirement, une Go pro que Sylvie, fière et heureuse, tient dans sa main tendue vers les fonds marins de la réserve aquatique. Anne surveille d'un œil sa cinéaste flottante et tente de canaliser sa dérive afin que nous ne nous fassions pas distancer par le groupe. H, qui joue le "nageur-balai", la rappelle sans cesse à l'ordre. Un peu lasse de la chose, elle finit par signifier par geste qu'il doit s'occuper en priorité de Sylvie. Enfin sereine, elle admire les raies au dos tacheté onduler de-ci de-là. L'esprit de Sylvie tourne en boucle ; "Mais que c'est beau ! Mais que c'est beau !".


Nager avec les requins nourrices 

Et merde ; son masque prend l'eau. "AAAANEEE !!! CA RECOMMENCE COMME AUX PHILIPPIIIINEEEES !!!" Le masque de Sylvie couvre sa bouche et étouffe ses mots. Anne ne comprend rien, mais en fait si, elle voit bien l'eau s'accumuler dedans. Elle vient resserrer les sangles du masque, avec l'attention d'une mère qui viendrait refaire les lacets de sa gamine. Est-ce cela qui, un peu plus tard, influence Sylvie dans sa réponse à Mike qui l'interroge sur notre lien ? ; voulant dire "c'est ma soeur", lui clame "she is my mother !". Anne a beau dire à Mike que c'est elle la plus jeune, il n'a de cesse, hilare, de lui dire de faire attention à sa fille. Nous irons quatre fois à l'eau en tout. Ce qui veut dire qu'il faudra se laisser tomber dans l'eau quatre fois, ce que Sylvie déteste, et qu'il faudra s'extirper le l'eau par la petite échelle aux étroits barreaux en s'agrippant aux mains tendues des guides quatre fois, ce que Anne exècre franchement. Mais la balade en vaut bien l'effort. Rompues mais ravies, nous débarquons à 100 mètres de l'hôtel. Laborieusement nous grimpons l'escalier qui nous sépare de notre chambre en comptant les hautes marches qui le composent. Vite ! Une douche d'eau sans sel ! Des vêtements secs !

Sylvie à la traine 
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Tout est quiétude ce matin au Sea Dream hotel

Ce matin, une petite ondée passe sur la quiétude du moment. Anne, impassible, laisse Sylvie cavaler vers la terrasse de leur chambre pour mettre à l'abri les affaires qui sèchent si mal dans cet air tropical. Toute à la satisfaction que se fasse les choses qui doivent l'être sans lever le petit doigt, Anne écoute les sons du matin débarrassés des musiques sans charme du café de la plage du Split où tout le monde se rassemblent à la nuit tombée, vers 17h. Il faut reconnaître que c'est un peu tôt pour fermer l'œil. Quand, sur le coup de 20h vous vous sentez le droit légitime à vous assoupir, vous avez la sensation d'être une couche tard. Puis votre corps, pas encore totalement remis du décalage horaire, vous réveille à des heures impossibles dont la dernière qui vous pousse à vous lever alors que l'île ne donne encore aucun signe de la moindre activité.

Un pélican avalant un poisson 

Sylvie s'active malgré tout. Anne, allongée, lézarde à sa lecture en ne trouvant plus aucune position confortable. Alors elle aussi se lève et toutes deux nous redessinons les contours de ce qui nous importe ; Sylvie parle à Anne des prochaines étapes, des confortables hôtels pittoresques qu'elle a sélectionnées juste pour son bien-être espérant ainsi retenir son attention. Anne signale le premier chant hésitant d'un oiseau, sa sensation immédiate ou d'un détail hautement significatif de leur périple en se demandant pourquoi Sylvie lui parle de ce soir, demain, voir plus loin encore. Puis nous tombons en entente devant les images enfin belles que Sylvie obtient sous l'eau. Nous refaisons mollement la valise ; rien ne presse. Anne se satisfait de constater qu'elle a raison ; ce jour est de la famille des transits, même si on ne part qu'à midi ; nous ne visitons pas, n'allons pas nager, n'allons pas explorer... c'est pas qu'il soit sans intérêt, mais elle a raison de ne pas vouloir le comptabiliser dans ceux de la famille des jours fastes. Nous bloquons dans la chambre, puis à la terrasse d'un café en face du débarcadère - forte chaleur et vent certain, avec petites crêtes blanches sur les vagues ; ça va secouer. Petit conseil dans ce cas là, ne pas prendre la mer l'estomac vide - puis dans la salle d'embarquement du taxiboat.

au taxi boat 

La navigation n'est pas palpitante mais plus confortable que prévu. Nous croisons à nouveau les palmiers qui semblent avoir poussé en pleine mer sans l'étonnement de l'aller.

les palmiers au milieu de la mer

De l'embarcadère à l'aéroport, Anne trouvent en notre chauffeur de taxi un interlocuteur de choix. Tous deux font un peu de géopolitique locale et dissertent sur les conséquences de celle-ci sur les différents types de patois qui cohabitent à Belize. Au cours de nos voyages, nous avons peu à peu bâti notre "légende" comme le feraient des espions, histoire de ne pas s'étaler sur notre lien réel. Cette fois si nous ne sommes plus sœurs mais amies d'enfances. Autant dire comme des sœurs, ce qui évite d'avoir à expliquer pourquoi nous n'avons pas le même nom et le fait d'être nées à 5 mois d'intervalle. En général, nos interlocuteurs, surtout mâles, ont du mal à comprendre que nous ne soyons pas mariés et que nous n'ayons pas d'enfants - qu'elle triste vie ! Franchement ! - donc, pour ne pas les chagriner nous avons maris et progéniture. Cette fois ci Anne est mariée à un chauffeur routier. Le pauvre ; il est tellement sur les routes, faut le comprendre, il a envie de se poser pendant les vacances. Alors il la laisse partir avec sa sœur de cœur qui a la malchance de n'avoir que des filles. Anne, la chanceuse a deux beaux garçons. Ils ont déjà quitté la maison et poursuivent de belles études très valorisantes. Au passage, Anne remercie ses frères, les vrais, qui lui offre sur ce terrain là toute la véracité possible ; il faut du vrai dans le faux pour ne pas s'emmêler les pinceaux. Anne, à sa grande déception, n'a pas eu le temps de broder sur le triste sort des deux filles de Sylvie. Peut-être même qu'elle aurait tué son mari ; ça lui aurait rendu la monnaie de sa pièce pour l'avoir "vendu" comme mère auprès des guides, hier. QUOI elle ne l'a pas fait exprès ? Anne demande à voir. L'avion qui nous emporte vers Flores n'a que cinq passagers pour ses dix places. Nous voyageons encore une fois comme dans notre salon. Nous avons cependant évité un désagrément de taille ; au guichet d'enregistrement, l'employé était gentiment en train d'envoyer nos valises à Guatemala City. C'est tout à fait incidemment que Sylvie s'en est rendue compte. A notre arrivée, l'aéroport INTERNATIONAL est désert. Le douanier qui s'emmerde ferme trouve une petite distraction en contrôlant nos bagages en se donnant de l'importance. Mais vite il se déride au spectacle de Anne qui extirpe du tréfonds de sa mémoire les quelques mots d'espagnol qui lui reste avec tout un registre de mimiques et de gestes dans la parfaite exubérance de celle qui ne doute pas même une minute qu'elle ait pu enfreindre une quelconque règle, même par inadvertance, effort incontournable puisque lui ne parle rien d'autre que l'espagnol. Tout comme l'employé de Hertz qu'il a fallu appeler par téléphone, ou les quelques personnes qui viennent discuter le bout de gras avec nous pendant qu'on attend l'arrivée de monsieur Hertz... Anne n'avait pas prévu cette plongée dans la langue espagnole, brutalement comme ça, sans bouée de sauvetage. La suite s'annonce épique.

Fn de journée sur Caye Caulker 

Voyage aux couleurs Maya

retrouvez le carnet de voyage de nos 10 jours au Guatemala